
Le format réunit deux intervenants — le collectif Obvious et l'artiste Justine Emard — autour d'un état des lieux des processus de création assistée par intelligence artificielle et de leurs implications structurelles pour les scènes artistiques. Programmée à 18h00, la soirée aborde frontalement la dépendance aux infrastructures de calcul et les biais qui conditionnent les futurs visuels produits par les modèles génératifs.
Obvious, trois chercheurs et un laboratoire
Le collectif Obvious, trio français d'artistes-chercheurs, structure sa démarche autour du développement d'algorithmes dédiés à la création. Leur trajectoire publique débute en 2018 avec la vente chez Christie's à New York d'un portrait généré par IA — une première documentée pour la maison de ventes. Représentés par la galerie Danysz, ils deviennent également les premiers artistes français à produire des NFT.
En 2023, Obvious crée un laboratoire de recherche en intelligence artificielle en partenariat avec Sorbonne Université, avec un objectif d'open source pour les algorithmes dédiés à la création artistique. Le projet « Imagine », conduit en 2024 avec l'Institut du Cerveau à Paris, couple IA et IRM pour visualiser l'imagination à partir de la seule activité cérébrale — démarche ayant donné lieu à une publication scientifique et à des expositions à Paris et Séoul. En 2026, leur spectacle « Molière Ex Machina », conçu avec Sorbonne Université, combine théâtre et modèles génératifs à la scène de Versailles.
Justine Emard, intersection neurosciences et IA
Justine Emard, artiste visuelle installée à Paris, travaille à la croisée des neurosciences, du vivant organique et de l'intelligence artificielle. Sa pratique mobilise la photographie, la vidéo et la réalité virtuelle pour interroger les nouvelles relations entre existences humaines et technologies.
Ses œuvres ont été présentées dans des institutions telles que le NRW Forum (Düsseldorf), le National Museum of Singapore, le Moscow Museum of Modern Art, la Cinémathèque québécoise, le Mori Art Museum (Tokyo), le MOT Museum of Contemporary Art Tokyo, l'Irish Museum of Modern Art (Dublin), le Barbican Center (Londres), le World Museum (Liverpool), la Fondation Pernod Ricard (Paris), le Jeu de Paume (Paris), le CNES, le Louvre (Lens), le Grand Palais Immersif (Paris) et le ZKM – Center for Art and Media (Karlsruhe).
Points de friction à surveiller
Pour les opérateurs de l'art numérique et des scènes immersives, la conférence documente deux points de friction récurrents: le poids des infrastructures de calcul et la disparition de l'erreur dans les processus créatifs assistés. Les partenariats présentés — Sorbonne Université, Institut du Cerveau, Opéra de Paris, Nike, Alpine — dessinent un modèle d'intégration verticale où la recherche académique alimente directement la production artistique. Le format court (une soirée) permet d'évaluer l'état de ces pipelines sans engagement de cycle long, point d'entrée utile pour benchmarker les collaborations locales en cours de structuration.