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More-than-human : quand l'art numérique redéfinit notre lien au vivant

L’accès gratuit est le premier paramètre opérationnel de « more-than-human », exposition présentée par le Bradbury Art Museum de l’Arkansas State University.

More-than-human : quand l'art numérique redéfinit notre lien au vivant

Visible jusqu’au 10 octobre, elle rassemble des œuvres immersives et interactives qui articulent art, technologie, sciences et monde naturel. Pour les professionnels et publics de l’art numérique, le projet est surtout intéressant par son architecture curatoriale : la technologie n’est pas utilisée comme simple effet visuel, mais comme interface entre différentes formes de perception.

Un dispositif centré sur les relations

Curatée par Jane Tingley, artiste, commissaire et responsable des arts computationnels à York University, à Toronto, l’exposition réunit des artistes issus de plusieurs champs. Le parcours associe vidéo, projection immersive, son, odeur et données scientifiques.

Les œuvres s’intéressent à des entités et systèmes qui restent généralement en dehors de la perception humaine immédiate :

  • forêts et plantes ;
  • eau, champignons et micro-organismes ;
  • systèmes atmosphériques ;
  • réseaux du vivant et relations entre espèces.

Le principe est précis : déplacer le point de vue hors d’une lecture strictement anthropocentrée du monde naturel. Certaines œuvres rendent audibles des phénomènes qui se situent habituellement au-delà des limites perceptives humaines. Le visiteur n’est donc pas seulement placé devant une image ou dans un environnement projeté. Il est confronté à d’autres échelles de temps, à d’autres modes de perception et à la question de l’agence accordée aux êtres non humains.

La liste des participants comprend Ursula Biemann, Marko Cindric, Lindsey french, Dolleen Tisawii’ashii Manning et Mary Bunch, Suzanne Morrissette, François Quévillon, Rasa Smite et Raitis Smits, ainsi que Jane Tingley avec Hrysovalanti Maheras et Ilze Briede, connue sous le nom de Kavi.

Une exposition intégrée à un programme annuel

Le Bradbury Art Museum ne traite pas « more-than-human » comme un événement isolé. L’exposition sert également de point de lancement au programme 2026-2027 du NEA Big Read, consacré à l’œuvre de Joy Harjo, notamment à « An American Sunrise ».

Une réception prévue à 17 heures le 24 septembre doit marquer le début de ce programme. Elle sera suivie, au cours de l’année universitaire, par des expositions, lectures, conversations, actions pédagogiques et activités communautaires. Des exemplaires du livre de Joy Harjo sont par ailleurs mis à disposition pour plusieurs cours de l’Arkansas State University à l’automne.

Cette intégration modifie le modèle de médiation. Le parcours visuel et sensoriel devient une première étape dans une programmation plus longue, organisée autour des rapports entre personnes, territoire, mémoire, histoire et monde plus-qu’humain. Pour une institution culturelle, le gain est structurel : les contenus immersifs ne reposent pas uniquement sur une session de visite, mais alimentent un flux de rencontres et d’usages sur plusieurs mois.

Ce que le public numérique doit vérifier

L’information disponible confirme la gratuité et la période de présentation, mais elle ne détaille pas les modalités de réservation, les capacités d’accueil ni les éventuelles contraintes d’accès propres aux installations immersives. Ces éléments restent déterminants pour évaluer l’expérience réelle.

Avant de programmer une visite, il faut donc contrôler :

  • si l’accès est libre ou soumis à une réservation ;
  • si la réception du 24 septembre suit un régime d’accueil différent ;
  • si toutes les œuvres fonctionnent simultanément pendant les horaires d’ouverture ;
  • si les dispositifs sensoriels imposent un temps de présence ou une circulation spécifique.

Le Bradbury Art Museum est situé dans le Fowler Center, au 201 Olympic Drive, à Jonesboro. Pour les structures françaises qui observent les modèles d’exposition numérique, le cas est à suivre moins pour son seul contenu technologique que pour son intégration entre exposition, programmation éducative et lecture publique. La recommandation est simple : documenter séparément l’accès, le calendrier des activations et la continuité des médiations avant toute comparaison avec un dispositif immersif local.