digitart-asso.

ActualitéArtistes et Créations

Art numérique et galeries : quand la matière physique dialogue avec le code

Le Journal des Arts recense cette semaine sept vernissages parisiens, du jeudi 3 au samedi 5 septembre — une séquence chargée où la matière reprend la main sur le concept.

Art numérique et galeries : quand la matière physique dialogue avec le code

Pour qui travaille à la charnière du code et de l'image, ces accrochages sont un terrain d'observation directe: les gestes qui s'y jouent, par strates et par contraintes, prolongent ceux qu'on retrouve dans un pipeline de rendu ou dans le montage d'une installation immersive.

Itération, strates et contraintes de médium

À la galerie Art: Concept, Pierre Bellot ouvre « Vallée FM » (jusqu'au 26 septembre). Sa méthode relève d'un protocole familier aux praticiens du numérique: superpositions successives, traces d'états antérieurs, l'image qui se construit comme une strate géologique avant de laisser affleurer ses archipels de formes. La peinture y fonctionne comme une mémoire d'erreurs — ce que tout rendu conserve de ses versions rejetées.

Chez Hauser & Wirth (jusqu'au 26 septembre), Arthur Gillet expose sur cuivre — un support qui contraint le repentir autant qu'il le révèle. Le travail y croise langage, mémoire, identité et pouvoir, nourri par son histoire familiale et son expérience en Albanie. Le médium devient le point d'appui d'une réflexion sur la communication et la surveillance, que les artistes du numérique croisent par d'autres voies.

Le vivant comme matière à assemblage

La Galerie NeC présente les céramiques du Finlandais Kim Simonsson (jusqu'au 29 octobre). Figures enfantines surgies d'un univers de science-fiction ou de conte, ses pièces jouent d'un entre-deux entre innocence et inquiétude — la cuisson y tenant lieu de shader organique, comme si la matière avait été laissée à son propre cycle de calcul. À l'Écho 119, « Au temps des plantes » (jusqu'au 24 octobre) réunit cinq artistes — Grégoire Eloy, Rinko Kawauchi, Rieko Koga, Anaïs Tondeur et Jesse Wallace — autour du monde végétal, en photographie, peinture et broderie. Le dispositif polymédium fonctionne par couches, de la fonte des glaciers à la contamination des sols, comme une installation dont chaque strate répond à la précédente.

Chez Ceysson & Bénétière (jusqu'au 10 octobre), « Traverser le vivant » propose une première exposition d'Ernest Breleur dans la galerie, articulée autour des deux extrémités de l'existence. Corps en suspension, radiographies, collages et fragments anatomiques composent une archéologie du vivant où la photographie sert moins d'image que de matière à excavation.

Ce qu'on y lit pour sa propre pratique

La Galerie See prolonge cette logique avec « Équinoxe coréen II » / « Traces du silence » (jusqu'au 26 septembre), autour de Miriam Angeli Padilha, Kodo Chijiwa, André Guiboux, Jeoung Eun Kim, Anne Commet, François-Xavier Poulaillon et Ameline Vanot. Peintures, photographies et sculptures y composent un parcours où paysages, corps et phénomènes naturels deviennent les supports d'une réflexion sur la mémoire, le temps et l'invisible. À la Galerie Dina Vierny, enfin, « Maillol – Manolo: La sculpture pure » (jusqu'au 26 septembre) met en regard une quarantaine de sculptures et dessins: la contrainte du médium poussée jusqu'à l'os, là où tout le reste de la semaine cherche au contraire à l'hybrider.

Dates à noter: la majorité des expositions ferment entre fin septembre et fin octobre — fenêtre courte pour aller voir ce que les gestes analogiques peuvent encore apprendre aux outils numériques.