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Immersion virtuelle : les chefs-d'œuvre du Prado s'invitent à New York

Selon Art Plugged, Powerhouse Arts accueillera du 1er octobre au 20 décembre la première new-yorkaise de « Masterpieces: A Virtual Experience of the Museo del Prado », une exposition en réalité…

Immersion virtuelle : les chefs-d'œuvre du Prado s'invitent à New York

Selon Art Plugged, Powerhouse Arts accueillera du 1er octobre au 20 décembre la première new-yorkaise de « Masterpieces: A Virtual Experience of the Museo del Prado », une exposition en réalité virtuelle conçue par ACCIONA Cultura en collaboration exclusive avec le musée madrilène. L'expérience se présente comme la première VR multi-utilisateurs en lieu fixe coproduite avec le Prado, et met en scène cinq œuvres dont quatre ne quittent jamais Madrid pour des raisons de conservation. Le parti pris est à la fois narratif et matériel: faire entrer le visiteur dans la peinture par la voix d'un agent de sécurité qui y a passé des décennies, plutôt que par le regard du conservateur.

Un guide qui n'est pas un conservateur

Le récit suit un gardien lors de sa dernière nuit avant la retraite. Ce n'est pas un artifice littéraire: c'est un choix de production qui déplace la légitimité du commentaire. Le musée se raconte désormais par l'observation quotidienne, le service, la curiosité accumulée — un savoir-faire souvent invisibilisé dans l'économie muséale classique.

Les cinq œuvres retenues structurent ce parcours: Les Ménines de Velázquez, Le Sabbat des sorcières de Goya, Le Jardin des délices de Bosch, Vénus et Adonis de Véronèse, et Le Sens de la vue de Rubens et Brueghel. Leur réunion physique au même endroit est, selon les contraintes de conservation, soit rare, soit strictement impossible — un point que la production assume dans son argument même.

Trente minutes, cinq espaces, un casque

Durée annoncée: trente minutes. Les peintures cessent de se comporter comme des surfaces; elles s'ouvrent en environnements tridimensionnels traversables, où le visiteur quitte le cadre pour entrer dans les mondes narratifs, symboliques ou psychologiques contenus dans la toile. L'architecture VR multi-utilisateurs implique que plusieurs visiteurs partagent simultanément l'espace — un détail technique qui compte, car il influe sur la composition de la visite et la sensation de présence.

Comme le précise Alejandro Vergara, conservateur principal des peintures flamandes et nordiques au Prado, la sélection a été pensée pour réunir des œuvres largement reconnues et admirées depuis des siècles, chacune capable d'enseigner quelque chose de différent. La fonction didactique s'ajoute ainsi à la dimension spectaculaire, et l'expérience se présente moins comme une démo de capacités immersives que comme un protocole de visite encadré.

Ce que change le médium

La VR ne reproduit pas la présence matérielle du tableau — pigment, craquelure, cadre — mais elle propose une autre forme de rencontre, qualifiée par les promoteurs d'éducative, théâtrale et volontairement transportive. Pour les artistes et curateurs qui travaillent en immersion, l'expérience pose une question de méthode: que devient la relation à l'œuvre lorsque l'objet physique n'est plus l'ancrage?

La production par ACCIONA Cultura en collaboration exclusive avec l'institution signale aussi qu'un format s'installe — celui de l'expérience muséale augmentée, où le musée prête moins l'œuvre qu'il ne cède un protocole d'accès. Reste à voir, dans les prochaines semaines, comment ce protocole tient une fois confronté au public new-yorkais.