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Bacolod inaugure sa première fresque en réalité augmentée dédiée au festival MassKara

Vous êtes de passage à Bacolod, aux Philippines, et vous flânez près du Government Center. En levant les yeux vers une fresque peinte à la main, vous apercevez un QR code.

Bacolod inaugure sa première fresque en réalité augmentée dédiée au festival MassKara

Vous le scannez, vous cadrez le mur avec votre téléphone, et soudain les danseurs du festival MassKara s'animent devant vous, débordent du cadre, vous accompagnent dans votre déambulation. C'est précisément cette expérience que la municipalité vient d'inaugurer, lundi 14 septembre, en partenariat avec le La Consolacion College Bacolod: la première fresque en réalité augmentée de la ville.

Une œuvre-frontière qui s'éprouve

La proposition est d'une simplicité désarmante, et c'est précisément ce qui mérite notre attention. Sur les murs du Government Center, une peinture à la main met en scène des repères emblématiques de Bacolod. Mais scannez le QR code, cadrez la fresque avec votre téléphone, et voilà que la couche numérique prend le relais: les danseurs du festival MassKara surgissent, doublés d'informations historiques sur cette célébration. Selon le Département du tourisme, le MassKara est né dans les années 1980 pour redonner du souffle à une communauté éprouvée par la chute des prix du sucre.

L'expérience, rapportée par les premiers visiteurs, touche quelque chose de l'ordre de la chair. Une étudiante du LCC-Bacolod, Epifany Faith Ababao, confie avoir eu la chair de poule en explorant la réalité augmentée. Elle résume ainsi le sentiment qui nous saisit souvent face à ces œuvres-frontières: même hors période de MassKara, on a l'impression que la fête ne nous quitte plus. C'est précisément cette tangibilité du lien entre l'œuvre et le public que notre regard de critique cherche à éclairer.

Quand l'académie et la ville dessinent ensemble

Ce projet porte une signature collective qu'il vaut la peine de détailler, car elle éclaire la manière dont une œuvre immersive peut s'enraciner dans un territoire. Il a été piloté par Baniline Jone Abantao-Portal, vice-présidente aux affaires académiques du LCC-Bacolod. Chaque école du collège a apporté sa pierre: l'École d'architecture, des beaux-arts et de design intérieur pour la fresque peinte; l'École de commerce et des technologies de l'information pour les visuels en RA et la production vidéo; l'École de gestion hôtelière et touristique pour penser le concept comme une offre d'accueil. Le Bureau du tourisme municipal, piloté par Ma. Teresa Manalili, ainsi que les services informatiques de la ville et le Département des technologies de l'information et de la communication ont garanti la connectivité nécessaire.

Cette répartition des rôles n'est pas anecdotique. Elle démontre, comme le souligne Manalili, que la technologie ajoute une dimension supplémentaire à notre manière d'habiter la ville. Abantao-Portal y voit, pour sa part, un jalon de collaboration entre l'académie et le gouvernement local, au service de la préservation culturelle et du développement. Le maire Greg Gasataya, en remerciant le collège, rappelle que Bacolod ne peut avancer seule: c'est avec ses institutions, son secteur privé et ce type d'initiatives qu'elle écrit son avenir touristique.

Ce que cette inauguration nous invite à observer

Pour nous, médiateurs et observateurs des arts immersifs, cette fresque soulève plusieurs questions de fond. D'abord, celle de l'accessibilité: en s'appuyant sur un simple QR code et un téléphone, l'œuvre contourne les barrières économiques que posent les casques et les installations lourdes. Ensuite, celle de la médiation culturelle: une couche d'AR peut-elle, à elle seule, transmettre une histoire aussi complexe que celle du MassKara? Les informations historiques embarquées dans l'expérience esquissent une réponse, mais le visiteur reviendra-t-il pour approfondir?

Enfin, reste la question de la pérennité. Qui maintiendra l'application, actualisera les contenus, financera la bande passante? Les premières esquisses territoriales de l'art augmenté en extérieur nous montrent à quel point le succès initial dépend ensuite d'un écosystème technique et institutionnel solide. Nous garderons un œil sur ce que Bacolod en fera dans les mois qui viennent.