
Biennale des Imaginaires numériques: Marseille devient le nœud méditerranéen de la création numérique
Le compte à rebours est lancé depuis la Friche la Belle de Mai.
Une infrastructure culturelle à l'échelle d'un bassin
« Résistances — hacktivisme, détournements et tactiques artistiques à l'ère numérique ». Le thème n'est pas un slogan. Il structure un parcours qui va du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027. Marseille et Aix-en-Provence concentrent l'essentiel des opérations. Une grille de lieux s'y déploie: Friche la Belle de Mai, Musée du Pavillon de Vendôme, et d'autres adresses que la programmation détaillée viendra remplir.
L'édition s'adosse à la Saison Méditerranée 2026. Concrètement, le réseau d'artistes invités couvre la Tunisie, le Maroc, l'Égypte, le Liban et la Syrie. Pour les institutions partenaires, cela signifie un curatorship transrégional et un volume de coordination conséquent. Trois formats occupent le plateau: installations, vidéo, performances live, musique électronique, réalité virtuelle, œuvres interactives, écritures numériques.
Tuqus: le terrain rituel comme matériau sonore
Le premier coup d'envoi artistique vient de Tunisie. Le 24 octobre, à 20h30, Khalil Epi (Khalil Hentati) ouvre le Grand Plateau de la Friche la Belle de Mai avec Tuqus. Le spectacle condense cinq tournages — Tunisie, Égypte, Maroc, Italie, Grèce — autour de pratiques rituelles filmées en documentaire. La matière sonore collectée passe au mixer. Le live devient cérémonie.
Dorra Hichri et Yassine Agrebi prennent le relais à Aix-en-Provence. Floraisons (Hichri) passe des échantillons d'eau et des plantes méditerranéennes au microscope: jasmin, bougainvillée, olivier, eau de pluie et eau en bouteille composent un paysage dont l'échelle change radicalement. Algae (Agrebi) recycle verre, eau, composants électroniques et lumière en formes évoquant des organismes marins. Le Pavillon de Vendôme accueille l'exposition Voix méditerranéennes du 30 octobre 2026 au 17 janvier 2027.
Logistique d'accès: trois points à surveiller
Trois variables détermineront l'efficacité de la billetterie pour les professionnels et le public:
- Capacité technique. Les formats immersifs et les performances live exigent des jauges calibrées. La Friche la Belle de Mai a l'habitude de ces flux. Le Pavillon de Vendôme, plus contraint, demandera une gestion fine des créneaux.
- Calendrier échelonné. Les premières dates tombent fin octobre, le gros de la programmation se déploie ensuite jusqu'à mi-janvier. Étaler la diffusion de contenu sur cette fenêtre lisse la demande.
- Réseau méditerranéen. La coproduction avec la Saison Méditerranée 2026 ouvre des canaux de visibilité vers les publics du Maghreb et du Levant. Pour les artistes invités, c'est un levier de circulation. Pour les lieux, un indicateur de fréquentation à observer.
Pour les professionnels de la création numérique, la Biennale fonctionne comme un point de mesure: qui est programmé, avec quels moyens, selon quelle narration curatoriale. La grille Chroniques 2026 penche vers une esthétique du terrain — documentaire, rituel, écologique — où le dispositif technologique reste au service du matériau collecté.