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Le rêve de Bartholdi : une immersion en réalité virtuelle au Musée d'Orsay

Selon un communiqué relayé par EIN News, le Musée d'Orsay ouvre ce 15 septembre « Une statue pour la liberté: Le rêve de Bartholdi », une expérience en réalité virtuelle coproduite avec GEDEON…

Le rêve de Bartholdi : une immersion en réalité virtuelle au Musée d'Orsay

Selon un communiqué relayé par EIN News, le Musée d'Orsay ouvre ce 15 septembre « Une statue pour la liberté: Le rêve de Bartholdi », une expérience en réalité virtuelle coproduite avec GEDEON Experiences, BackLight et VIVE Arts, avec la participation du Musée Bartholdi de Colmar. Sur quasiment 700 m² de la Galerie Amont, au niveau 0, les visiteurs enfilent un casque et suivent pas à pas le sculpteur, du croquis initial posé sur un établi jusqu'au monument achevé. Pour nous qui accompagnons les publics dans les expositions immersives, c'est l'occasion de mesurer ce que la réalité virtuelle ajoute vraiment à la transmission — au-delà du seul effet de spectacle.

Une traversée à hauteur d'homme et de géant

Ce qui frappe d'emblée, c'est le jeu permanent sur les échelles: on commence les yeux rivés sur un croquis oublié sur une table d'atelier, puis on se retrouve soudain écrasé par la monumentalité du projet. Autrement dit, la spatialisation n'est pas un simple décor — elle devient un vecteur d'empathie. On traverse ainsi le salon d'Édouard Laboulaye où tout a commencé, on longe les rives du Nil où Bartholdi imagina un phare à l'entrée du canal de Suez, avant d'être emporté dans les soubresauts politiques qui ont secoué la France et les États-Unis au second XIXe siècle. Le public partage les enthousiasmes autant que les doutes du sculpteur, quand les prototypes s'avèrent fragiles ou que les finances menacent de tout faire échouer. C'est cette fragilité rendue palpable qui donne à la narration sa profondeur.

L'atelier ressuscité

Le moment le plus saisissant reste la reconstruction de l'atelier Gaget, Gauthier & Cie, conçue par GEDEON Experiences et leur partenaire Aristeas à partir d'un minutieux travail de recherche historique. Cette « cathédrale industrielle », disparue depuis longtemps, renaît sous nos yeux avec ses près de six cents ouvriers, artisans et compagnons à l'œuvre, et l'on y pénètre comme on ne pourra jamais le faire dans un musée traditionnel. On y perçoit — c'est le mot — le bourdonnement d'un chantier qui a duré des années, on y ressent la sueur des hommes qui ont donné corps au rêve d'un seul. C'est pourquoi cette appropriation d'un espace évanoui est, à nos yeux, la vraie réussite du dispositif: elle rend tangible ce que les planches didactiques ne parviennent jamais à transmettre.

Ce que nous en retenons pour nos scènes numériques

Pour les médiateurs et les artistes numériques que nous accompagnons, l'intérêt dépasse le seul monument new-yorkais. L'expérience montre comment une narration spatiale peut faire dialoguer archives, reconstruction 3D et écriture documentaire sans tomber dans le cours d'histoire illustré — elle garde sans cesse le visiteur acteur de sa propre découverte. Les commissaires de l'exposition, souligne le communiqué, ont veillé à la fidélité scientifique du projet aux côtés des studios de création, un détail méthodologique que nous aurions tort de sous-estimer quand on monte nous-mêmes des dispositifs immersifs. Jusqu'au 31 janvier 2027, c'est aussi un terrain d'observation privilégié: qui sort du casque transformé, qui ressort simplement distrait, et en quoi la médiation préalable modifie-t-elle cette réception? La réponse, à long terme, concerne tous ceux qui croient encore aux vertus de l'appropriation par l'image — et c'est pourquoi cette expérience mérite, à nos yeux, d'être suivie de près.