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Empreinte carbone des expositions : les coulisses de la mesure

Engagements et Futurs. Empreinte carbone des expositions : les coulisses de la mesure

Une exposition d’art numérique peut sembler légère: quelques casques de réalité virtuelle, des écrans, des vidéoprojecteurs, une installation interactive et une billetterie en ligne.

Empreinte carbone des expositions: les coulisses de la mesure

Pourtant, son empreinte carbone ne se résume pas à la consommation électrique relevée pendant les heures d’ouverture. Le poste le plus lourd peut avoir été produit des mois ou des années avant l’arrivée du premier visiteur, dans une usine située à des milliers de kilomètres.

C’est là que le discours sur l’immatérialité de l’art numérique commence à se fissurer. Une œuvre qui n’occupe presque aucun espace physique exige parfois des ordinateurs puissants, des capteurs, des serveurs, des dispositifs de projection, des batteries, des réseaux et une logistique de transport. Mesurer l’empreinte carbone d’une exposition, ce n’est donc pas additionner les kilowattheures affichés sur une facture: c’est reconstituer une chaîne de production entière, avec ses angles morts et ses commodités comptables.

Le poids caché du matériel: l’exposition commence avant le montage

Dans une exposition immersive, le matériel est souvent traité comme une évidence technique. Il faut des casques, des stations informatiques, des écrans, des vidéoprojecteurs, des systèmes audio, des boîtiers de suivi des mouvements et parfois des serveurs locaux. Tout cela apparaît dans le budget comme une ligne d’investissement ou de location. Dans le bilan environnemental, la même ligne devient une question autrement plus embarrassante: combien a coûté la fabrication de ces équipements en carbone, en ressources et en énergie?

Selon l’ADEME, 60 % de l’empreinte carbone du numérique provient de la fabrication des équipements informatiques et électroniques. La donnée est déterminante, parce qu’elle renverse la hiérarchie habituelle des préoccupations. On parle volontiers de couper les écrans la nuit, de réduire la luminosité des vidéoprojecteurs ou d’optimiser le stockage en ligne. Ces mesures ne sont pas inutiles, mais elles ne doivent pas servir de paravent à la fabrication de matériel neuf.

Un casque de réalité virtuelle ne naît pas au moment où un visiteur le pose sur son visage. Ses composants ont été extraits, transformés, assemblés, transportés puis distribués. La même logique vaut pour un écran géant, un ordinateur graphique ou une caméra de capture. Lorsque l’exposition ferme ses portes, leur empreinte ne disparaît pas avec le démontage. Elle reste attachée à la production de l’objet, à sa durée de vie réelle et à son devenir.

La question pertinente n’est donc pas seulement: combien consomme l’installation pendant l’exposition? Il faut aussi demander:

  • le matériel a-t-il été acheté spécifiquement pour l’événement ou existait-il déjà dans le parc de l’institution?
  • combien de fois pourra-t-il être réutilisé après le démontage?
  • les équipements ont-ils été transportés sur une longue distance?
  • leur maintenance est-elle possible ou leur remplacement est-il prévu au premier défaut?
  • quelle part du dispositif est réellement nécessaire à l’expérience proposée?

Cette dernière question dérange davantage que les autres. Dans certains projets, la sophistication technique est une condition esthétique. Dans d’autres, elle relève surtout de la promesse marketing. Ajouter une dizaine de capteurs à une œuvre n’est pas automatiquement produire une expérience plus riche. C’est parfois produire une facture plus élevée et une dépendance accrue à du matériel spécialisé.

Une exposition numérique n’est pas immatérielle: elle externalise simplement une partie de sa matière dans les chaînes industrielles du numérique.

L’usage ne doit pas devenir un bouc émissaire commode

La consommation électrique des œuvres immersives reste un poste à documenter. Un ensemble de vidéoprojecteurs fonctionnant plusieurs heures par jour, une climatisation adaptée à des équipements sensibles ou une ferme de machines graphiques peuvent peser sur le bilan énergétique d’une installation interactive. Mais l’analyse doit rester proportionnée.

Le risque, pour une institution, consiste à se concentrer sur ce qui est facile à mesurer: la puissance des appareils, le nombre d’heures d’ouverture, le volume de données transférées. Ces chiffres sont accessibles et donnent l’illusion d’une maîtrise complète. Ils ne disent pourtant pas tout de l’impact écologique de l’art numérique.

L’ADEME estime que le numérique représente plus de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce chiffre ne permet pas, à lui seul, de calculer l’empreinte d’une exposition. Il donne cependant un ordre de grandeur utile: le numérique n’est pas une couche transparente posée au-dessus de la culture. Il constitue une infrastructure matérielle mondiale, avec des mines, des usines, des réseaux, des centres de données et des déchets.

La consommation électrique est donc un indicateur parmi d’autres. Elle devient réellement informative lorsqu’elle est replacée dans le cycle de vie du dispositif. Une installation très énergivore, mais conçue pour être montée plusieurs fois avec du matériel déjà disponible, ne se lit pas de la même manière qu’un événement unique qui commande une flotte d’équipements neufs. À l’inverse, une œuvre peu consommatrice pendant son fonctionnement peut avoir mobilisé une quantité importante de ressources au moment de sa fabrication.

Le secteur culturel face à ses émissions: les chiffres contre l’autosatisfaction

Le monde de l’art aime se présenter comme un secteur de sensibilisation. Il expose les conséquences du réchauffement climatique, invite des artistes à travailler sur les futurs possibles et programme des œuvres consacrées à la transition écologique. Mais cette fonction critique ne dispense pas l’institution de regarder ses propres comptes.

Selon une étude de la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture, les émissions de gaz à effet de serre du secteur de la création artistique représentent 8,5 millions de tonnes équivalent CO₂, soit 1,3 % de l’empreinte carbone française. Ce chiffre concerne le secteur de la création artistique dans son ensemble, et non les seules expositions numériques. Il ne faut donc pas lui faire dire ce qu’il ne dit pas. En revanche, il rappelle que la culture n’est pas extérieure aux contraintes matérielles qu’elle met en scène.

Le problème est aussi méthodologique. Les institutions ne comptabilisent pas toujours les mêmes postes, ne disposent pas des mêmes données et n’intègrent pas nécessairement les mêmes périmètres. L’une inclura les déplacements des visiteurs, l’autre se limitera à la production et au fonctionnement de l’exposition. Une troisième séparera les émissions du bâtiment de celles de l’événement. Le résultat peut alors prendre l’apparence d’une mesure précise tout en reposant sur des conventions très différentes.

Ce que recouvre réellement une empreinte

Pour mesurer l’empreinte carbone d’une exposition d’art numérique, il faut au minimum distinguer plusieurs familles d’émissions:

1. La fabrication des équipements

Elle comprend les écrans, casques, ordinateurs, vidéoprojecteurs, capteurs, systèmes audio et accessoires nécessaires à l’installation. C’est souvent le poste le plus difficile à reconstituer, car les données détaillées des fabricants ne sont pas toujours disponibles.

2. Le transport et la logistique

Le matériel circule entre ateliers, lieux d’exposition, entrepôts et sites de présentation. Les œuvres, les équipes techniques et les éléments scénographiques peuvent suivre des trajectoires séparées.

3. La consommation d’énergie sur place

Il faut regarder le fonctionnement de l’œuvre, mais aussi la climatisation, la ventilation, l’éclairage, les systèmes de contrôle et les équipements utilisés par les équipes.

4. Les déplacements des visiteurs

Une exposition qui attire un public local et une exposition qui devient une destination touristique ne produisent pas le même bilan. Le transport des visiteurs peut peser lourd dans l’empreinte globale.

5. La fin de vie et le réemploi

Un équipement conservé, réparé et réutilisé ne doit pas être considéré comme un équipement jetable. Encore faut-il que cette réutilisation soit réelle et documentée, plutôt qu’annoncée dans un dossier de presse.

Cette dernière distinction est essentielle. Le réemploi n’est pas une vertu automatique. Stocker du matériel dans une réserve pendant plusieurs années ne suffit pas à lui donner une seconde vie. Il faut connaître les conditions de conservation, la compatibilité avec les futurs projets, la disponibilité des pièces détachées et la capacité des équipes à le maintenir.

Mesurer une exposition immersive: le cas d’Orsay comme révélateur

L’expérience de réalité virtuelle « Un soir avec les impressionnistes », présentée au musée d’Orsay, fournit un exemple intéressant de cette évolution. L’évaluation de son empreinte carbone a été réalisée dans le contexte d’un projet ayant attiré plus de 80 000 visiteurs. À cette échelle, l’exposition ne peut plus être considérée comme un simple prototype technologique. Elle devient une opération culturelle, logistique et commerciale à part entière.

Le nombre de visiteurs ne suffit toutefois pas à qualifier la performance environnementale de l’événement. Il faut savoir comment ils sont venus, combien de temps l’expérience a fonctionné, quels équipements ont été mobilisés, comment le dispositif a été produit et ce qu’il est devenu après la fermeture. Un public nombreux peut améliorer la pertinence d’un équipement déjà existant en répartissant son empreinte initiale sur davantage de participants. Il peut aussi augmenter les déplacements, l’usure et les besoins énergétiques.

C’est tout le paradoxe des expériences immersives: leur modèle économique valorise le volume. Il faut remplir les créneaux, accroître la rotation des casques, réduire les temps morts et prolonger l’exploitation de l’installation. La logique de rentabilité peut donc rejoindre, dans certains cas, celle de l’amortissement matériel. Mais elle peut aussi pousser à multiplier les séances et les flux sans que l’institution sache précisément à quel moment le bénéfice culturel cesse de compenser le coût environnemental.

Un bilan carbone n’est pas un tampon moral

La mesure ne transforme pas une exposition en projet vertueux. Elle rend visibles ses choix. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas une absolution.

Un bilan sérieux doit expliciter son périmètre, ses hypothèses et ses exclusions. Si les déplacements des visiteurs sont absents, il faut le dire. Si la fabrication des casques repose sur une donnée générique, il faut l’indiquer. Si l’énergie du bâtiment est mutualisée avec d’autres activités, il faut préciser comment elle a été répartie. La transparence ne consiste pas à afficher un chiffre final avec deux décimales; elle consiste à montrer ce que ce chiffre contient et ce qu’il laisse dans l’ombre.

La fausse précision est l’un des vieux réflexes de la communication institutionnelle. Un résultat très exact donne l’impression que le problème est sous contrôle. Or l’empreinte d’une exposition dépend souvent de données partielles et d’arbitrages conventionnels. Une fourchette honnête peut être plus utile qu’un total présenté comme incontestable.

La mesure permet également de comparer des scénarios. Que se passe-t-il si l’on conserve les ordinateurs mais que l’on remplace les vidéoprojecteurs? Si l’on réduit la résolution de certaines séquences? Si l’on organise plusieurs étapes de présentation avec le même dispositif? Si l’on choisit un lieu accessible en transports collectifs? Ce sont ces comparaisons qui transforment le bilan en outil de décision, plutôt qu’en opération de réputation.

De la mesure à la décarbonation: changer le projet avant de compenser

La décarbonation des événements artistiques ne consiste pas à acheter une compensation après avoir conçu l’exposition comme si les ressources étaient illimitées. Elle commence en amont, dans la conception de l’œuvre et dans le contrat passé avec le lieu.

Une installation interactive peut être pensée pour fonctionner avec une définition d’image adaptée à l’expérience, et non avec la puissance maximale disponible. Un dispositif peut prévoir des composants standardisés, réparables et remplaçables séparément. Une équipe peut concevoir la scénographie pour éviter la fabrication de structures à usage unique. Un lieu peut mutualiser ses équipements entre plusieurs projets au lieu de commander une configuration dédiée à chaque exposition.

Ces décisions sont moins spectaculaires qu’un affichage géant ou qu’un nouveau casque présenté comme révolutionnaire. Elles sont pourtant plus structurantes. L’éco-conception n’est pas un supplément de langage ajouté à un projet déjà arrêté; elle modifie la hiérarchie des choix artistiques et techniques.

Le matériel existant contre la tentation du neuf

Le recours à du matériel déjà disponible est souvent présenté comme une solution évidente. Il ne l’est pas toujours. Un équipement ancien peut être moins performant, plus énergivore ou difficile à maintenir. À l’inverse, remplacer systématiquement les appareils au nom de l’efficacité énergétique peut déplacer le problème vers la fabrication de nouveaux équipements, précisément le poste qui pèse le plus lourd dans l’empreinte du numérique.

Il faut donc arbitrer entre plusieurs temporalités:

  • la consommation immédiate de l’appareil;
  • l’impact de sa fabrication;
  • la durée pendant laquelle il peut encore être utilisé;
  • la possibilité de le réparer ou de le réemployer;
  • la compatibilité technique avec les futures installations.

Cette approche interdit les slogans trop propres. Le neuf n’est pas automatiquement écologique parce qu’il consomme moins pendant son fonctionnement. L’ancien n’est pas automatiquement vertueux parce qu’il a déjà été produit. Tout dépend de la durée d’usage, du scénario de remplacement et de la réalité du réemploi.

Les visiteurs, variable oubliée du bilan

Le public est souvent absent des calculs les plus rapides, alors qu’il peut constituer une part significative de l’empreinte d’une exposition. Le déplacement en voiture individuelle, le train, l’avion ou les transports urbains ne produisent évidemment pas le même résultat. Une expérience installée dans un centre culturel très bien desservi n’a pas le même profil qu’un événement présenté dans un site éloigné et promu comme une destination exceptionnelle.

Faut-il pour autant reprocher aux visiteurs de venir? Ce serait une manière commode de déplacer la responsabilité. L’institution maîtrise une partie des conditions d’accès: localisation, horaires, information sur les transports, politique tarifaire, durée d’exploitation, partenariats avec d’autres lieux. Elle peut aussi éviter de présenter comme une réussite écologique une exposition dont le modèle repose sur des trajets longs et répétés.

Le bilan carbone d’une exposition doit donc regarder les publics sans les réduire à une variable comptable. Derrière les kilomètres, il y a une politique de programmation: attirer un public international, desservir un territoire, démocratiser une œuvre, rentabiliser une installation ou multiplier les étapes d’une tournée. Chaque choix possède une justification culturelle possible. Aucun ne devrait être soustrait à l’examen.

Du Proof of Stake aux nouvelles pratiques: la technologie ne se décarbone pas par magie

Le cas de la blockchain Ethereum montre qu’une infrastructure numérique peut modifier brutalement son profil énergétique lorsque son architecture change. En septembre 2022, le passage au mécanisme de validation Proof of Stake, lors de l’opération appelée The Merge, a permis de réduire sa consommation d’énergie d’environ 99,95 %.

Cette évolution est souvent utilisée comme preuve que la technologie saura corriger elle-même ses excès. Ce serait aller trop vite. Ethereum a changé de mécanisme; les équipements déjà fabriqués n’ont pas disparu, pas plus que les autres impacts matériels du numérique. Surtout, une baisse spectaculaire de la consommation électrique d’une infrastructure ne règle pas automatiquement les questions de fabrication, de spéculation, de renouvellement des équipements ou d’usage social.

La leçon utile est ailleurs: l’architecture technique compte. Les choix de conception influencent directement les ressources mobilisées. Dans l’art numérique, cela signifie que les artistes, producteurs et institutions ne devraient pas attendre la solution industrielle miracle. Ils disposent déjà de leviers sur la résolution, la durée d’exploitation, la mutualisation, les formats de fichiers, les modes de diffusion et la maintenance.

Le réseau Hacnum a lancé en septembre 2022 un groupe de travail consacré aux réflexions environnementales et à la réduction de l’empreinte écologique dans les arts numériques. Cette dynamique signale que le sujet ne relève plus seulement de quelques artistes isolés ou de services de communication soucieux de verdir leur vocabulaire. Il devient un enjeu professionnel, avec des conséquences sur la production, les cahiers des charges et les modèles de diffusion.

Mais là encore, la création de groupes de travail ne doit pas devenir une rente symbolique. Une institution peut publier une charte, organiser une table ronde sur la transition écologique et continuer à commander des dispositifs surdimensionnés, à multiplier les transports express ou à jeter des éléments scénographiques après une seule présentation. Le vocabulaire de la transformation ne vaut que s’il touche les budgets, les calendriers et les responsabilités.

Ce que la mesure change vraiment dans le rapport de force

Mesurer l’empreinte carbone d’une exposition d’art numérique n’est pas une opération neutre. La mesure désigne les postes jugés légitimes, les acteurs responsables et les coûts que l’on accepte de rendre visibles. Si l’on ne comptabilise que l’électricité consommée dans la salle, l’institution peut facilement conclure que son exposition est raisonnable. Si l’on inclut la fabrication du matériel, les déplacements et la fin de vie, le même projet apparaît autrement.

Cette différence n’est pas un détail technique. Elle modifie le rapport de force entre le musée, le producteur, l’artiste, le prestataire et le public. Qui doit réduire? Qui finance la réparation? Qui possède le matériel après la tournée? Qui assume le coût d’un équipement commandé pour une seule exposition? Qui décide qu’une immersion supplémentaire justifie la fabrication d’un nouveau parc de machines?

Les artistes ne peuvent pas porter seuls cette responsabilité. Ils ne contrôlent ni les budgets de production ni les politiques d’achat des institutions. Leur demander de résoudre l’impact écologique avec une œuvre plus sobre, tout en leur imposant des délais courts et des dispositifs techniquement ambitieux, relève d’une asymétrie commode. Les lieux de diffusion et les financeurs doivent intégrer ces arbitrages dès la commande.

Une exposition réellement engagée ne se contente donc pas de parler de climat. Elle accepte de rendre son propre fonctionnement discutable. Elle publie ses hypothèses, assume ses limites, documente le matériel utilisé et renonce parfois à une solution plus spectaculaire. Ce renoncement n’est pas une défaite artistique. Il peut être le signe que l’institution distingue enfin l’innovation d’une simple inflation d’équipements.

L’art numérique n’a pas besoin d’être déclaré coupable pour devenir responsable. Mais il doit renoncer à se présenter comme une activité immatérielle, propre par défaut et sauvée par la seule dématérialisation. Tant que les institutions compteront les watts visibles en oubliant les objets fabriqués, transportés et abandonnés, l’empreinte carbone des expositions restera une histoire arrangée. Et derrière chaque bilan trop lisse, une question demeure: qui profite encore de cette omission?

Questions fréquentes

Pourquoi la fabrication du matériel est-elle le poste le plus lourd ?
Selon l'ADEME, 60 % de l'empreinte carbone du numérique provient de la fabrication des équipements informatiques et électroniques, un processus qui précède largement l'ouverture de l'exposition.
La consommation électrique est-elle un indicateur fiable ?
Elle est un indicateur utile mais insuffisant, car elle ne reflète pas les ressources mobilisées pour produire le matériel ou les émissions liées aux déplacements des visiteurs.
Le réemploi du matériel est-il toujours une solution écologique ?
Le réemploi n'est vertueux que s'il est réel et documenté, impliquant une maintenance effective et une compatibilité avec les futurs projets, plutôt qu'un simple stockage prolongé.
Comment les institutions peuvent-elles réduire l'empreinte de leurs expositions ?
Elles peuvent privilégier l'éco-conception, mutualiser les équipements entre plusieurs projets, limiter les structures à usage unique et choisir des lieux accessibles en transports collectifs.
Le passage à des technologies plus économes en énergie suffit-il à décarboner l'art numérique ?
Non, car une baisse de la consommation électrique ne règle pas les impacts liés à la fabrication, au renouvellement constant des équipements et aux autres coûts matériels de l'infrastructure numérique.